Notre Dame de l'Epine


Babar



87 ko




Notre Dame de l'Épine en Champagne possède la particularité d'avoir été construite grâce à la seule volonté des habitants de la région, de simples gens qui rêvèrent de bâtir un édifice pouvant rivaliser avec les plus belles cathédrales. La foi qui leur a permis d'entreprendre un tel ouvrage leur fut insufflée par un miracle qui survint le 24 mars 1419 et que l'on raconte de cette façon.
Un berger de Courtisol, près de Châlons sur Marne aperçut sur un soir une lueur dans un buisson. Les moutons prirent peur mais les agneaux s'approchèrent. Il s'approcha lui aussi et s'évanouit, ébloui et effrayé. Revenu à lui, il découvrit une statue de la vierge dans le buisson. La lueur attira d'autres bergers des environs car le buisson était sur une petite hauteur. La lumière augmenta et brilla toute la nuit. Attestant la nature du miracle, le buisson reverdit. Au matin, la statue fut portée dans la Chapelle St Jean Baptiste non loin de là.

En cette période sombre de la guerre de Cent ans, il était difficile de trouver des financements pour un édifice religieux. Reims était aux mains des anglais et seule Châlons était du parti français dans la région. Néanmoins, le clergé de Châlons avança de l'argent. Un architecte anglais du nom de Patrick s'engagea pour 600 livres à construire la cathédrale et présenta en caution deux bourgeois de Châlons. Les habitants de la région travaillèrent gratuitement pour l'édification du bâtiment. On disait à l'époque " Aller à l'Épine " pour dire " travailler pour rien ". Dix ans plus tard, la première tour fut construite mais Patrick prit la fuite peu de temps après avec le reste de l'argent : Jeanne d'Arc et les troupes françaises avançaient.

Heureusement pour la cathédrale, Charles VII vint en pèlerinage et fit un don important. La deuxième tour fut construite. A partir de ce moment, les dons commencèrent à affluer et continuèrent jusqu'à la révolution. Les pèlerins, riches comme pauvres, venaient à l'Épine.

Aux dires d'un des abbés de Notre Dame de l'Épine qui écrivit une histoire de l'église en 1855, des miracles avérés eurent lieu aux pieds de vierge.

Le 15 août 1591, un aveugle recouvra la vue. Le 11 avril 1681, un bébé mort-né revient à la vie. A cette même époque, une paralytique, Marie Musard jeta ses béquilles. Le 7 septembre 1787, un grand-père amena son petit-fils, mort depuis trois jours. Pendant les prières, il revient à la vie, lève un bras. A la sortie de l'église, l'enfant meurt, cette fois pour de bon. D'autres miracles furent enregistrés jusqu'en 1851.

Le 8 mars 1621, la Confrérie de la Sainte Vierge fut créée par M Cosme-Clause et continue à exister de nos jours.